4ème Echange sur la drogue à Lisbonne

Du 18 au 22 février, le projet Euromed Police et la Police Judiciaire Portugaise ont fait équipe pour mettre en œuvre le 4ème Echange Euromed sur la lutte contre le trafic de drogue.

Cette activité a réuni des experts de huit pays partenaires du sud – Algérie, Tunisie, Egypte, Palestine, Liban, Maroc, Israël et Jordanie – et quatre Etats membres de l’Union européenne – les Pays-Bas, la Suède, l’Espagne et le Portugal. Europol et le Centre opérationnel d’analyse du renseignement maritime pour les stupéfiants (MAOC-N) ont également contribué aux travaux, tandis qu’une visite à l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA) était à l’agenda. De plus, les réseaux CARIN et AMON ainsi que le réseau des Bureaux de Recouvrement des Avoirs ont été présentés.

Pendant cinq jours, les défis pratiques auxquels les agents de police et de sécurité font face dans leur lutte contre le trafic de drogue ont été examinés en vue d’améliorer leur efficacité opérationnelle.

La méthodologie adoptée par l’organisation conjointe d’Euromed Police et de la Police Judiciaire portugaise a conduit à la planification de sessions thématiques sur la base des différentes méthodes utilisées par les trafiquants pour transporter de la drogue, et à alterner des interventions de la part des hôtes portugais, des pays partenaires d’Euromed et d’autres experts européens.

Afin d’apporter une perspective opérationnelle à l’échange, les représentants des différentes unités nationales de lutte contre la drogue ont été invités à présenter les enseignements tirés de cas pratiques. Ils ont expliqué les différentes étapes d’une enquête réelle conduite par leur unité en mettant en avant l’expertise nationale, la dimension internationale ou les caractéristiques spécifiques de l’affaire. Ces exemples pratiques ont couvert tous les modes de trafic : par voie aérienne, maritime, terrestre et par internet.

Cette approche est en phase avec les principaux objectifs de ce type d’échange, c’est-à-dire d’extraire les bonnes pratiques à partir des expériences de différents acteurs et d’identifier des sujets potentiels pour les activités de renforcement des capacités à venir.

Les sessions ont permis d’étudier plusieurs techniques d’enquête telles que : la collecte de renseignements, la police technique et scientifique, la localisation et l’identification des produits du crime, les enquêtes sur le trafic de drogue basées sur le blanchiment d’argent et les enquêtes sous couverture. En outre, les sessions ont permis d’examiner des phénomènes criminels problématiques tels que l’augmentation du trafic de drogues synthétiques, la détection de nouvelles substances psychoactives et la gestion des comportements addictifs.

Toutes les délégations ont constaté que la dimension internationale du trafic de drogue et la structure internationale des groupes criminels nécessite davantage de coopération par-delà les frontières. De plus, l’interconnexion évidente entre les marchés de la drogue du nord et du sud de la Méditerranée constitue un argument supplémentaire en faveur du renforcement de la coopération entre les pays partenaires du sud et les pays européens.

A la suite de cet échange, les experts ont listé les principales tendances qui constituent un défi pour les forces de police et de sécurité en termes de modes opératoires criminels. En outre, les discussions ont abouti à une liste de bonnes pratiques et de recommandations pour faire face à ces défis à la fois aux niveaux stratégique et opérationnel. La participation du Réseau EMPACT Drogue a ouvert la possibilité de transposer les résultats de cet échange dans l’organisation d’une activité de renforcement des capacités plus opérationnelle en vue de répondre à certains des défis clés évoqués cette semaine.