Des experts Euromed réunis en France pour échanger sur la cybercriminalité

La semaine dernière, le Projet Euromed Police IV a réuni à Paris des experts des Pays Partenaires Sud dans le cadre d’un échange dédié à la lutte contre la cybercriminalité. Cette rencontre était axée sur l’un des cinq Domaines Prioritaires Essentiels identifiés dans la stratégie du projet pour une meilleure coopération transfrontalière des services de police euro-méditerranéens.

La cybercriminalité constitue un défi majeur de notre époque du fait de sa portée internationale, mais aussi des difficultés juridiques à attribuer ce type d’infraction criminelle à une personne physique. La protection des utilisateurs d’internet, vulnérables face à la menace exponentielle des risques d’escroquerie et des cyber-attaques, reste une priorité pour les services de polices qui s’efforcent d’établir et de diffuser de bonnes pratiques en la matière. Le partage d’information et une bonne coordination entre ces services sont alors primordiaux pour faciliter les enquêtes sur Internet.

De ce fait, l’objectif principal de cet échange Euromed était de favoriser une meilleure compréhension des procédés d’enquêtes entre pays partenaires, mais également de présenter les différents services et acteurs français engagés dans la lutte contre la cybercriminalité

Des experts de sept Pays Partenaires du Sud (Algérie, Egypte, Israel, Jordanie, Maroc, Palestine et Tunisie) étaient présents lors de cette semaine d’échange modérée par M. Christian Aghroum – ancien chef de l’Office français de lutte contre la cybercriminalité en France) -. La Direction de la Coopération Internationale de la Police Nationale (DCI), représentant la France au sein d’un consortium européen mis en œuvre par Civipol Conseil était également impliquée dans son organisation.

Durant cinq journées, les participants se sont investis en exposant tout d’abord les enjeux, défis et bonnes pratiques de leur pays respectifs en matière de cybercriminalité, ensuite en échangeant avec les différentes autorités impliquées en France sur ce sujet. Le programme a fait la part belle aux services d’enquêtes (police, gendarmerie et douanes), sans toutefois négliger le volet judiciaire, avec notamment l’intervention de Mme Myriam Quemener, magistrate spécialiste de la lutte contre la cybercriminalité. Par ailleurs, la participation de la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL) a permis d’aborder l’importante thématique de la protection des données de manière complémentaire à l’aspect sécuritaire. Finalement, le secteur privé, désormais partenaire incontournable des services de police, était également représenté par le géant des réseaux sociaux Facebook.

Au terme d’une semaine riche en enseignements, les experts présents se sont accordés sur plusieurs constats, mais également sur différents axes de travail à approfondir dans le cadre d’actions qui seront mises en œuvre durant les prochains mois. A ce titre, on note qu’une formation dédiée à l’analyse des logiciels malveillants (en anglais « malware ») sera organisée avec le concours de la Direction Générale de la Sûreté Nationale de Tunisie au mois de mai 2019.

Au-delà de ces lignes directrices, les participants ont mis à profit cette semaine d’immersion parisienne pour renforcer les liens personnels existants entre les acteurs de la lutte contre la cybercriminalité sur les deux rives de la Méditerranée.